C’est un très jeune écrivain que
Philippe Thiéfaine recevait, hier après-midi, dans sa librairie
La Passerelle. Venu des Vosges, où il exerce le métier d’écrivain
public à Saint-Dié-des-Vosges.
Raphaël Fayolle, qui écrit depuis quelques
années seulement, présentait son deuxième ouvrage
: « A la fin, tout le monde est mort », un recueil de nouvelles
paru aux éditions Jean-Paul Bayol. « Sept histoires reliées
par l’amour et la mort, traitée de façon humoristique
par une écriture moderne, surprenante, avec un regard qui se veut
cruel, mais plein de tendresse », soulignait Roger Badois bibliothécaire,
venu rencontrer, comme de nombreux lecteurs, cet ancien professeur d’espagnol,
venu à l’écriture suite au décès d’un
ami d’enfance.
Raphaël Fayolle fait partie de ces auteurs qui ont
un sens profond de la narration. Avec ses deux ouvrages en vente à
la Passerelle et sur Internet, cet auteur a fait sa place dans l’univers
des nouvellistes.
La Voix du Jura
Jeudi 24 février 2011
Raphaël Fayolle
entre en littérature avec un joli succèsd'estime,gràce
à son roman Namor, paru aux éditions doloises Guten.
Ce roman noir, celui de l'enfermement, mettait en scène le jeune
Jérôme Mattogalli, patient d'un hôpital psychiatrique
après une énième tentative de suicide.Matto vit dans
le souvenir fantasmé de Marie, son seul amour.
Le second opus de cet Auvergnat-Vosgien est cette fois
un recueil de nouvelles. Il faut avoir beaucoup de courage, voire d'inconscience
pour publier un ouvrage de textes courts, tant le public français
semble bouder ce genre littéraire, au contraire des anglo-saxons
qui en sont friands. Les nouvelles sont réunies sous le titre générique
A la fin tout le monde est mort. Le trait d'union
entre tous ces textes sont : l'amour, la mort, l'humour. Pour adoucir
un peu la noirceur du propos, chaque titre porte une couleur : rose, blanc,
orange, roux, _A la simple lecture du titre on sait déjà
que le personnage central en sera Dame Faucheuse, maîtresse du jeu
de la vie. Entre un paysan auvergnat qui se croit enfin mort, une histoire
d'amour qui meurt avant d'être née, une héroïne
qui survit plus qu'elle ne vit, l'auteur nous invite à entrer dans
son univers si particulier. Il y a du Marcel Aymé dans la façon
que Raphaël Fayolle à de jouer avec la destinée de
ces personnages.
Un talent original
Quand on lit Raphaël Fayolle on pense aux premières
lignes de La table-aux-crevés. Jean Pranard a des airs de famille
avec l'Aurélie Coindet. Pour faire de bonnes nouvelles, il faut
un personnage fort, une fin surprenante, inattendue, bouleversante, voire
déstabilisante. Raphaël Fayolle a un don pour entrainer ses
lecteurs dans des situations pleines de fantaisie, aux dénouements
remarquablement amenés. Si le traitement de ces nouvelles dramatiques,
est effroyablement morbide et désespérant, l'auteur aime
ces personnages et l'humour avec lequel il teinte ses récits fait
de cette lecture des moments de plaisir que l'on n'est pas prêt
à oublier.
À la lecture de Namor, on sentait bien que l'on
avait entre les mains le premier opus d'un écrivain en devenir.
Avec A la fin tout le monde est mort, Raphaël Fayolle confirme qu'il
faudra compter avec son talent original et son univers dans les prochaines
années.
L'auteur est né au Puy-en-Velay, en 1970, cité
dans laquelle il a grandi tant bien que mal », dit-il, jusqu'à
ses dix-huit ans. Aujourd'hui, il partage son temps entre Clermont-Ferrand,
au pied des volcans auvergnats, et Saint-Michelsur-Meurthe, au pied des
chaumes vosgiennes.
Après avoir été professeur d'espagnol,
il exerce désormais l'activité d'écrivain public.
Retrouvez l'auteur en dédicace à la Librairie la Passerelle
à Dole, ce samedi 26 février à partir de 14 heures.
Carnets de JLK
Riches Heures de lecture et d'écriture
Raphaël Fayolle a le sens de la narration, et plus
précisément le sens du conte, au sens où l'entendait
et le pratiquaient un Marcel Aymé ou un Pierre Gripari. Qui plus
il est, il lui vient des idées absolument originales qu'il parvient
à moduler de façon asticieuse et intelligible, avec des
trouvailles épatantes et une sorte de poésie fluide et plastique
qui rappelle un peu, aussi, les conteurs d'une certain réalisme
magique italien ou latino-américain. Sept couleurs, de La Maison
rose introduisant un saisissant paradoxe, aux Escarpins rouges
nimbés d'enfantine cruauté, en passant par Le ballon
jaune à la chute terrifiante, ordonnent cette suite incessamment
surprenante d'histoires alternant aussi les climats et les intensités,
où lon constate qu'un Châle orange peut former un
contraste parfait avec le noir de telle nouvelle. Le titre du recueil
annonce lui aussi la couleur, où l'humour le dispute à la
fantaisie des situations et des rebondissments, mais avant d'être
mort on est content de se faire plaisir avec une telle lecture...
Raphaël Fayolle. À la fin tout le monde
est mort. Editions Jean-Paul Bayol, coll. L'Esprit de l'escalier,
154p.
Sept nouvelles, sept couleurs, sept manières de
se colleter avec la Camarde et ses deux lieutenants, Vengeance et Fatalité.
L’auteur (vosgien) de ce très joli – et très
noir – recueil, Raphaël Fayolle, enchaîne les contes
dramatiques, effroyables, désespérants avec autant d’humour
que de tendresse pour ses personnages.
Tenez, prenez Jean Pranard, combien de fois faudra-t-il
qu’il se suicide dans sa Maison rose pour être enfin mort
ad vitam æternam ? Suit la nécrologie hagiographique d’un
illustre "enfoiré", opportuniste politique et pathétique
romancier, fornicateur invétéré. Retour chez les
vivants pour assister, dans Le châle orange, au calvaire de Georges.
On comprend, au fil du récit, pourquoi la femme qui lui a planté
un poinçon dans les bijoux de famille s’éclipse en
lui lançant « à tout à l’heure, mon chéri
! ». Quelques pages plus loin, Le Hêtre roux raconte une tragédie
d’amour au sens grec. Ophélie attend Christophe pour lui
annoncer qu’elle le quitte, mais le destin lui impose une autre
voie, forcément fatale. En écho à la nouvelle de
Keyes ( Des fleurs pour Algernon), Les Escarpins rouges évoque
avec une sensibilité déchirante l’amour entre deux
handicapés mentaux.
L’écriture de Raphaël Fayolle, légère
et fraîche, réussit à nous convaincre que même
la mort peut être dérisoire.
À glisser dans les souliers, le soir
de Noël, un recueil de nouvelles de Raphaël Fayolle
On avait découvert Raphaël Fayolle en 2009
avec Namor, un pavé plutôt costaud paru chez Gunten. Le roman
détonnant et déroutant offrait une vision oppressante de
sa ville natale.
L'auteur est né au Puy-en-Velay, en 1970, cité
dans laquelle il a grandi « tant bien que mal », dit-il jusqu'à
ses dix-huit ans.
Aujourd'hui, il partage son temps entre Clermont-Ferrand,
au pied des volcans auvergnats, et Saint-Michel-sur-Meurthe, au pied des
chaumes vosgiennes.
Après avoir été professeur d'espagnol,
il exerce désormais l'activité d'écrivain public
Aucun doute, en lisant Namor, on se disait alors qu'on
tenait là une plume. Le souffle de l'urgence traversait le récit.
Univers psychiatrique impitoyable, folie ordinaire, destinées bousculées…
La mort rôdait. L'amour aussi évidemment.
Raphaël Fayolle récidive en conviant, cette
fois, son lecteur à picorer un recueil de nouvelles.
Plus léger a priori, tout en étant plus
dense à bien des égards. Son titre annonce la couleur :
À la fin tout le monde est mort. La « Faucheuse » y
règne donc encore, maîtresse femme insatiable. Du cynisme
mâtiné d'humour s'insinue sur le fil du rasoir de ces sept
histoires polychromes prestement troussées. Prestement dévorées.
Dans La Maison rose, Jean Pranard, paysan auvergnat,
se demande s'il est mort ou pas.
Le Cerveau blanc est la notice nécrologique d'un
personnage illustre n'ayant peut-être jamais existé.
Le Châle orange décrit de façon méticuleuse
l'épouvantable vengeance d'une jeune femme bafouée.
Le Hêtre roux retrace une histoire d'amour qui
s'achève avant de commencer.
Le Ballon jaune raconte la triste vie d'un petit personnage,
dont on ne découvre qu'à la dernière page, sanglante,
l'identité.
Le Bus bleu relate la fin tragique d'un homme au cœur
brisé.
Quant à l'héroïne tellement attachante
des Escarpins rouges, elle ne vit pas mais se survit seulement à
elle-même depuis une poignée d'années.
L'ouvrage est publié par Jean-Paul Bayol, un éditeur
d'Alès, dans le Gard, dans la collection « L'Esprit de l'escalier
», qui rassemble des textes littéraires courts, vifs et enlevés.
Fabienne Mercier
« À la fin tout le monde est mort »
de Raphaël Fayolle aux éditions Jean-Paul Bayol. Prix : 14,90
euros
Raphaël FAYOLLE : À la fin, tout le monde
est mort. Nouvelles. Collection L’Esprit de l’Escalier, éditions
Jean-Paul Bayol.
Lorsqu’on évoque le chiffre 7, aussitôt
on pense aux 7 mercenaires, aux 7 péchés capitaux, aux 7
jours de la semaine, aux 7 nains de Blanche-Neige, au jeu des 7 familles,
à celui des 7 erreurs, aux 7 couleurs de l’arc-en-ciel, et
ainsi de suite jusqu’aux 7 nouvelles qui fayolle3.jpg composent
ce recueil. D’ailleurs il existe une corrélation entre l’arc-en-ciel
et ces nouvelles puisque chacune d’elles possède une couleur
dans leur titre.
L’auteur nous délivre son message dès
l’intitulé du recueil : À la fin, tout
le monde est mort. Au moins on sait où on va. On
se dit tout le monde va y passer. Oui mais comment, pourquoi et autres
interrogations qui trottinent dans la tête jusqu’à
ce que l’auteur nous délivre la solution finale. Des histoires
simples, presque de la vie de tous les jours, sauf que Raphaël Fayolle
joue avec les nerfs. Et toutes ces nouvelles possèdent trois points
communs qui régissent la vie : l’amour, la mort et l’humour
sous-jacent, féroce et noir.
Dans La maison rose, nous entrons
dans l’intimité de Jean Pranard, paysan auvergnat qui ne
possède ni femme ni ami, sauf peut-être Matoszac qui habite
une maison rose. Jean Pranard a décidé de se suicider et
il accomplit son acte avec son fusil placé contre la tempe. Mais
il ne s’était pas méfié d’un courant
d’air qui claque la porte, et produit un bruit ressemblant à
une décharge. Le coup part mais est dévié. Lorsqu’il
reprend ses esprit il se demande s’il est vivant ou s’il est
mort.
Le cerveau blanc est une notice
nécrologique, comme celle qu’on peut lire dans un mensuel
andalou, dédiée à un poète espagnol qui vient
de disparaitre en s’égorgeant. Pas tout blanc ce poète,
pourtant le journaliste revient sur le parcours littéraire de celui
qui fut surnommé El Galo en référence à ses
origines françaises. Il en dresse un portrait « vivant »,
ému, sincère écrit-il. Mais jusqu’où
cette sincérité peut-elle aller et ne sont-ce que larmes
de crocodile, empruntées à une marque de tee-shirt pour
s’essuyer les yeux ?
Le châle orange est beaucoup
plus personnel et intimiste. Prétextant l’oubli d’un
châle dans leur appartement, pièce vestimentaire à
laquelle apparemment elle tient beaucoup, une femme rend visite à
son mari dont elle est séparée. A ses yeux ce n’est
qu’un horrible cochon, qui l’a trompée, bafouée,
et depuis ils vivent séparés. Elle s’est trouvé
un jeune amant mais ce n’est pas pour autant qu’elle a tout
pardonné. Elle médite sa vengeance, une gentille vengeance
selon elle. Gentille vraiment ?
Le hêtre roux, arbre
appelé aussi fayard, est un arbre malicieux qui se dresse inopportunément
devant la calandre de la voiture d’un conducteur qui s’en
va rejoindre sa belle. Mais sait-il, ce Christophe au prénom qui
ne lui porte pas chance, que sa belle, prénommée Ophélie,
pendant ce temps songe à rejoindre un bellâtre rencontré
via un site de rencontre. Une histoire d’amour avortée avant
d’avoir débuté, et pourtant.
Le ballon jaune, c’est
celui avec lequel Hervé passe son temps dans le cercle fermé
de l’ovalie. Et depuis qu’Hervé a été
recruté par le club de rugby de Nîmes, la petite vie tranquille
de Christine et de Max s’en est trouvée chamboulée.
Ils vivent dans une petite maison de ville affligée d’un
jardinet, entourée de canisses et de hauts murs séparés
par une rue étroite. Christine est obligée de se taper quotidiennement
le chemin afin de se rendre chez sa patronne esthéticienne quant
à Max, il est déboussolé. Il avait une copine, Colline,
et surtout il appréciait de pouvoir vagabonder à loisir
dans la garrigue environnante. Tandis que maintenant, déjà
qu’il n’était pas bavard, il est devenu mutique.
Le bus bleu : Remontant le
trajet qu’effectuait chaque matin Romain Boudre, un homme tente
de comprendre ce qui a pu arriver à son ami, d’établir
une sorte d’étude de caractère, de démêler
sa personnalité parmi les différents témoignages
des commerçants auprès desquels il avait ses habitudes.
Et surtout qu’est devenu Romain Boudre que les différents
témoignages recueillis laissent supposer comme un homme à
double facette.
Enfin Les Escarpins rouges
nous livre les réflexions d’une femme-enfant perdue dans
son monde et ses souvenirs, vivant auprès de maman.
Au travers de chacune de ses nouvelles plane l’ombre
de l’auteur, non pas qu’il se met lui-même en scène,
mais par de petits coups de griffes assenés de ci de là.
Ainsi dans Le hêtre roux peut-on lire, et partager ce qui pourrait
être une réflexion empreinte de bon sens : Elle alluma la
télévision, tomba sur Ardisson, tint une dizaine de secondes,
zappa, échoua sur Arthur, résista deux longues secondes,
bascula sur la pub, regarda un petit moment, puis éteignit le poste
et s’abima dans un court désespoir. On mesure l’intérêt
de cette jeune femme, et de quelques téléspectateurs dont
les neurones ne sont pas court-circuités, porté envers les
programmes du petit écran. On n’a pas les mêmes valeurs.
Des textes souvent émouvants, des tranches de vie quotidienne,
simple en apparence mais pas banale, qui montrent combien l’être
humain, et non pas le fayard, peut se torturer et torturer les autres,
par égoïsme. Enfin l’action, dans la plupart des nouvelles,
se déroule en Auvergne ou en Cévennes, région natale
de Raphaël Fayolle. Un auteur prometteur.
Je connaissais Raphaël Fayolle de par son blog ,
dont je suis une lectrice régulière.
J'avais lu son premier roman Namor, roman fort et difficile
sur la folie , qui m'avait assez remuée,.( Je voulais le "digérer"
avant d'en faire un billet et je ne l'ai toujours pas écrit.)
Voici cet auteur dans un tout autre exercice: celui de
la nouvelle. Exercice difficile où beaucoup se sont cassé
les dents.
Un thème récurrent de ces 7 nouvelles , (et présent
également dans Namor), celui de la mort ". Dès le titre,
on sait ce qui nous attend : à la fin, tout le monde est mort (enfin
presque)
Je ne vais pas reprendre les nouvelles une par une , faute de temps. Myster
jazz le fait très bien dans son excellent article que vous pouvez
retrouver ici.
Chaque histoire est singulière , que ce soit sur le fond ou sur
la forme (hormis le thème récurrent de la mort, qu'elle
soit volontaire (suicide) ou subie (meurtre)). Pour chaque nouvelle, Raphaël
Fayolle adopte un style de langage différent, une structure différente
et en cela, j'ai trouvé ce livre extrêmement intéressant.
(Lorsque j'aurai un peu plus de temps, je mettrai en ligne des extraits).
Dans chaque nouvelle, on retrouve quelque chose de l'auteur:
- l'Auvergne d'où Raphaël Fayolle est natif, et qui est le
cadre de plusieurs d'entre elles ( La Maison rose qui se déroule
à Vinzelles,( vers Maringues,) le Hêtre roux dans les Combrailles,
le bus Bleu à Clermont Ferand),
-son attrait pour l'Espagne , (il enseigna l'espagnol) ( le cerveau Blanc,
sorte de nécrologie à l'humour corrosif d'un écrivain
grenadin; ou encore Le bus Bleu dont le héros disparu est professeur
de castillan).
-Le rugby en prend aussi pour son grade dans le Ballon Jaune , où
Raphael exprime tout le bien qu'il pense de ce sport (et inutile de dire
que je ne partage pas son avis!!!)
Certaines nouvelles sont très dures : la dernière, les Escarpins
rouges , m'a mis particulièrement mal à l'aise et j'ai trouvé
que c'était un exercice de style remarquable que celui de trouver
les mots de cette femme devenue handicapée mentale (on a l'impression
de lire une enfant ) suite à une tentative de suicide. Idem pour
le Châle orange décrivant un crime digne des thrillers les
plus sombres.
D'autres nouvelles sont plus légères.La
première , La Maison rose ,(où un homme qui a tenté
de se suicider, est persuadé qu'il est mort et et se demande pourquoi
il ne semble pas l'être aux yeux de ceux qui le voient, ) flirte
parfois avec le fantastique et offre des situations décalées.
Beaucoup d'humour également dans le Ballon jaune , où le
narrateur est tour à tour l'homme, sa femme, ou Max le Chien. Humour
léger et grinçant également ( ou galerie de portraits
de personnages existants? ) dans le bus bleu, nouvelle qui prend la forme
d'une enquête avec une successions de personnages tellement crédibles!!
Bref , vous l'aurez compris , j'ai adoré,
Et pour ceux qui sont du côté de Clermont
Ferrand le week end du 27 et 28 novembre 2010, Raphaël Fayolle sera
en dédicace au Salon du livre de Blanzat