par Dahlia, le 16.04.09
Mathieu vit entre Toulouse et Detroit. Mathieu aime beaucoup
baiser et ses amants lui rendent bien. Mathieu a un faible pour les beurs
coincés entre leur religion, leur famille et l’envie de rester
dans ses bras. Mathieu a un éditeur, Mathieu aime faire des photos,
Mathieu vivote tant bien que mal.
La vie de Mathieu pourrait se confondre avec celle d’un millier
d’autres qui font le triangle États-Unis-Paris-Province,
tentent de vivre sous la houlette de l’art et ont une sexualité
un peu salope, beaucoup polygame, mais qui ne s’engagent pas.
Mais Mathieu Fortunio a pour lui cette écriture primesautière
et bondissante, cet air de s’en foutre avec le sourire qui le rendent
si attachant, même lorsqu’il raconte les parties de jambes
en l’air les plus débridées avec son lot de clichés
pédés (backrooms, drague le long du Cours Dillon, et baise
dans des chiottes douteuses). Peur de vivre est un focus sur quelques
mois de la vie de Mathieu Fortunio qui à travers les nombreux mails
qu’il envoie à ses ami(e)s et amants retrace une existence
où la peur de vivre est surtout la peur de s’engager et d’aimer
durablement l’autre.
Une variation supplémentaire sur ce qui semble être l’aventure
la plus difficile et la plus éminemment romanesque de toute une
génération... Mathieu Fortunio mêle la trivialité
du quotidien à une sensibilité littéraire qui le
fait jouer avec la langue et les mots plus crus avec une délicieuse
candeur.
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